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Mesurer la performance des mètres carrés

In "Les Echos" n°18911 du 22 mai 2003 - page 45
Supplément Immobilier
Questions à...
William Stott, directeur de l'immobilier d'Accenture France, Associe espaces, services et technologie.

" Nous mesurons la performance de nos mètres carrés"


Economiser les mètres carrés et travailler autrement. Tout le concept du bureau dit « nomade » est bâti sur l'observation qu'un bureau individuel demeure dans certaines professions, et notamment dans celles de conseil, trop souvent inoccupé. Le groupe Accenture France - jusqu'en décembre 2000 Andersen Consulting - , avenue George-V à Paris, inauguré en janvier 1996, avait fait figure de pionnier en décidant qu'aucun de ses 1.100 employés de l'époque ne disposerait d'un bureau attitré. Chacun devrait réserver grâce à l'informatique l'espace de travail dont il aurait besoin pour la durée nécessaire de sa mission ou de sa prestation. On était clairement en rupture avec la conception traditionnelle d'un poste de travail propre à chaque personne qui avait prévalu dans l'entreprise jusqu'alors installée à la Défense. Ce « bureau virtuel » a fait école au sein de la société dans le monde entier puisqu'il s'applique aujourd'hui aux 75.000 collaborateurs du groupe. Pour autant, peu d'entreprises ont cherché à appliquer la recette.

Aujourd'hui, Accenture a transféré son siège et l'ensemble de ses effectifs, soit 2.800 personnes, avenue de France, sur la ZAC Paris-Rive Gauche, et ce groupe a, au fil du temps, amélioré le prototype du bureau à temps partagé, synonyme d'économie de coûts d'exploitation de la société.

Les bureaux « nomades » ont fait l'objet de beaucoup de communication. Quel bilan dressez-vous de cette expérience ?


Notre objectif était d'optimiser les taux d'occupation de nos mètres carrés et de mettre à disposition de nos collaborateurs une offre de bureaux et de services mieux adaptée à la diversité de leurs besoins. Il fallait que cet environnement nous donne la possibilité de croître sans acquérir d'espaces supplémentaires ou, en phase de ralentissement, de ne pas être en excédent de surfaces. Pour fonctionner, une panoplie de services offerts aux collaborateurs devait compenser la perte de propriété d'un espace permanent. Cette infrastructure s'inspirait, et s'inspire toujours, de l'hôtellerie avec réservation d'espaces, conciergerie... et utilise largement les nouvelles technologies pour faciliter l'accès aux services, notamment lorsque les consultants ne sont pas présents au bureau. Cette stratégie immobilière « révolutionnaire » a totalement modifié nos modes opératoires, cela bien au-delà des frontières de l'Hexagone puisqu'elle concerne aujourd'hui les 75.000 employés du groupe Accenture dans le monde.

L'immobilier et sa gestion coûtent cher. Les entreprises attribuent en moyenne 15 m2 par personne. L'objectif global d'Accenture est d'être en dessous de 6. Toutes les études ont montré qu'un salarié n'occupait son bureau au maximum que pendant 40 % de son temps de travail. Nos taux d'occupation approchent les 70 %. Nous sommes également vigilants lorsque nous signons un bail et demandons systématiquement l'inclusion de clauses de restitution de mètres carrés, de sous-location et de droits de premier refus en cas de libération de surfaces voisines des nôtres.

Le concept du bureau virtuel, devenu bureau partagé, puis du futur..., est-il, au terme de sept ans d'exploitation, resté intact ou avez-vous dû faire des concessions ?


La mise en place de nos bureaux virtuels a été un succès mais bien entendu nous avons été à l'écoute de nos collaborateurs et, tout en gardant le concept de fond, nous avons affiné le produit et les services afférents. Nous avions quitté la Défense en 1996, où nous occupions 10.000 m², pour 7.000 m2 avenue George-V. Dans le même souci d'économie et également pour répondre à notre expansion, nous nous sommes installés en mai 2001 sur 14.000 m2 dans le quartier Paris-Rive gauche où nous avons rassemblé nos équipes de la rue de Châteaudun et de l'avenue George-V. Vous remarquerez que, toujours pionniers, nous avons effectué une traversée d'ouest en est de la capitale et inauguré du même coup la nouvelle génération de bureaux partagés. Le choix de notre nouvelle implantation s'est fait sur les critères techniques que nous avons pu exiger dès la conception du bâtiment : éclairage, climatisation, circulations verticales, etc.

Les modifications allant dans le sens d'un plus grand confort des salariés, nous avons par exemple augmenté le nombre de bureaux clos et des lieux d'échange, inventé des espaces « silence » et un mobilier adapté à notre organisation. Au terme de ce déménagement, achevé en décembre 2002, nous avons conservé 300 m2 avenue George-V.

Vous avez été élu directeur immobilier de l'année par l'Association des directeurs de l'immobilier des grandes entreprises, Corenet, pourquoi à votre avis ?


Il me semble que la sélection s'est faite sur la politique immobilière d'un groupe qui doit être mise en œuvre en adéquation avec l'exercice de son métier. Peut-être est-ce notre approche différente et innovante, confirmée dans une certaine durée avec un souci permanent de mesurer la performance de nos mètres carrés, qui a été récompensée.

Propos recueillis par Annick Colybes

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