Contactez-nous

Les nouveaux besoins des entreprises

In "Les Echos" n°18492 du 20 Septembre 2001 - page 49
Supplément Immobilier
Marché des Bureaux
Observateur du marché de l'immobilier d'entreprise en France depuis 1978, le Grecam (Groupe de recherche sur l'économie de la construction et de l'aménagement) analyse depuis plus de vingt ans les données conjoncturelles et prospectives de ce marché. Ainsi, à la demande de plusieurs partenaires publics et privés, il réalise en cette fin 2001 une étude prévisionnelle sur la demande de bureaux à l'horizon 2005. Cette enquête ne se contente pas de relier cette demande des entreprises à l'évolution de la conjoncture économique ou de l'emploi mais intègre des explications fondées sur les changements intervenus dans les modes de gestion et d'organisation des entreprises et sur leurs stratégies. « On a constaté que la demande placée s'était rétractée au premier semestre 2001 moins du fait du ralentissement de la croissance que des changements de comportement des entreprises face à leurs besoins immobiliers », souligne Hugues Kirichian, directeur du Grecam. « Comme de surcroît l'offre immédiatement disponible est de plus en plus rare, le ralentissement des transactions est une évidence. »

Parmi les changements apparus lors des enquêtes menées auprès des entreprises dans le cadre de cette étude se dégage une forte réduction de la surface occupée par poste de travail. Celle-ci n'est pas la conséquence de choix financiers restrictifs mais résulte d'une approche nouvelle de l'espace et des fonctions tertiaires elles-mêmes. Le ratio de surface par emploi est passé de 23 m2 en 1993 à moins de 15 m2 en 2000 et le Grecam prévoit une nouvelle diminution, pour se situer à environ 10 m2 à l'horizon 2005. Cette « révolution » est liée à la généralisation des espaces paysagers, qui libèrent du même coup autant de locaux de réunions et de détente.

Réduire les coûts et les surfaces

Le « facility management » (la gestion des frais généraux) a révélé ces dernières années des gisements d'économies qui ont parfois divisé les charges par deux pour les ramener en moyenne à 35.000 francs par poste de travail. Le cumul de ces 2 facteurs : réductions des surfaces et de leur coût d'exploitation offre de facto une marge de manoeuvre supplémentaire qui a permis d'absorber jusqu'à présent la hausse des valeurs locatives et favorisé un déménagement dans le neuf. « La pression de la demande ne s'est pas allégée, mais elle a changé de forme notamment avec la valorisation de la fonction commerciale des entreprises, le besoin accru de modularité, le travail en réseau grâce aux nouvelles technologies et le retour vers des délocalisations des front et back-offices », précise Claude Ogier, codirecteur du Grecam. Ainsi, personne ne mesure encore toutes les conséquences de ces évolutions.

A. C.

Questions

Je pose une question